Le Grand Paris en quelques dates

La notion du Grand Paris n’est pas une idée, ni un terme nouveau. Paris, ville capitale depuis l’antiquité, a toujours été en expansion selon des formes très différentes à chaque époque de son développement. Soulignons quelques périodes et dates significatives qui ont marqué la trajectoire historique de l’agglomération parisienne.

Jusqu’au 19ème siècle

La ville se développe par anneaux successifs, ceinturée par des enceintes. L’accroissement de la population les déborde par l’empiètement des faubourgs sur les terres maraîchères qui, au-delà de l’enceinte, nourrissent la ville. Au moment de la Révolution, c’est le mur des Fermiers généraux qui fixait la limite de la ville, suivant un tracé correspondant aux boulevards suivis, aujourd’hui, par les lignes 2 et 6 du métro.

1860

En 1860, le baron Haussmann, chargé par Napoléon III d’un projet radical de modernisation de la ville qui verra le Paris médiéval supplanté par un réseau de grands boulevards aux grands immeubles de standing, annexe et incorpore des territoires des communes à la périphérie de la ville qui deviennent les arrondissements 12 à 20. La limite communale est constituée par l’enceinte de Thiers, système massif de fortifications militaires qui a donné à Paris les noms de ses portes actuelles.

1913

Publication du rapport de la Commission d’extension de Paris, rédigé par Marcel Poëte et Louis Bonnier. Ce rapport traitait de toute l’étendue comprenant Paris et les communes de banlieue du feu Département de la Seine, alors en forte croissance démographique et industrielle. Le projet figurait un plan ambitieux de promenades et parcs.

1919

L’architecte Léon Jaussely remporte le premier prix du concours international pour l’extension de Paris et l’aménagement de la région parisienne.

Années 1920-30

La démolition des fortifications autour de Paris libère une bande de territoire entourant la ville où seront édifiés des quartiers d’HBM (Habitations Bon Marché, précurseurs des HLM). Si l’appellation « ceinture rouge » est associé avec ces immeubles en brique rouge, la véritable signification de l’expression fait référence au fait que la plupart des communes de la banlieue étaient dirigées par des municipalités communistes. Le développement des banlieues, fortement industrialisées, est caractérisé par l’étalement des lotissements dits défectueux, dépourvus de toute infrastructure et laissant leurs populations dans le plus grand dénouement.

1934

Présentation du Plan d’aménagement de la région parisienne – ou Plan Prost, au nom d’Henri Prost, responsable de son élaboration. Premier véritable plan traitant l’agglomération dans sa globalité, il propose un système d’infrastructures autoroutières ceinturant la capitale. L’approbation du plan a lieu en 1939.

1936

Henri Sellier et André Morizet, respectivement maires de Suresnes et de Boulogne-Billancourt, présentent à Léon Blum un projet de réforme administrative du Grand Paris, proposant de réunir les 20 arrondissements de Paris avec les 80 autres communes du Département de la Seine. Ce plan reste lettre morte. Notons que Henri Sellier, en tant que président de l’Office public des HBM du département de la Seine était responsable de la création d’une douzaine de cités-jardins.

Années 1950

À partir des années cinquante, la physionomie de l’agglomération parisienne est transformée par la construction des grands ensembles, programme massif lancé par l’État en réponse à la crise du logement qui laissait des millions de personnes dans des conditions de vie indignes. La doctrine urbanistique de zonage monofonctionnelle du mouvement moderne en architecture a engendré des quartiers entiers sans urbanité devenus pour certains des ghettos d’exclusion sociale et de précarité.

1958

L’État crée l’EPAD, établissement public chargé du développement du quartier d’affaires de La Défense.

1965

Le SDAURP (Schéma Directeur d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région de Paris) de 1965 a été réalisé par le préfet Paul Delouvrier, chargé par le Général De Gaulle d’organiser et de rationaliser le territoire de la région. L’IAURIF (Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France, aujourd’hui l’IAU île-de-France) a été créé par l’État en 1960 pour conduire la planification de la région. En résultat la création des cinq villes nouvelles de Cergy-Pontoise, Saint-Quentin-en-Yvelines, Evry, Melun-Sénart et Marne-la-Vallée, ainsi que le redécoupage des anciens départements de la Seine et de la Seine-et-Oise en six nouveaux départements (78, 91, 92, 93, 94, 95). Le projet du RER fait partie du SDAURP.

1973

Commencé en 1956, le périphérique est bouclé en 1973. L’ancienne barrière des fortifications est remplacée par une autre, routière, qui isole Paris de sa banlieue. À plus grande échelle et à plus long terme, l’automobile et la construction d’un réseau routier étendu participent au décuplement d’un nouveau phénomène urbain, la périurbanisation. La population de l’agglomération se disperse dans une vaste nappe de lotissements de maisons individuelles, accaparant des anciennes terres agricoles qui nourrissait autrefois Paris.

1976

Création du Conseil régional de l’Île-de-France. Le premier président était Michel Giraud.

1977

Pour la première fois depuis la Commune de 1871, Paris élit un maire, Jacques Chirac. Jusqu’à lors la ville était sous la tutelle directe du préfet de Paris.

2001

Bertrand Délanoë, nouvellement élu maire de Paris, charge Pierre Mansat, adjoint chargé de Paris Métropole et des relations avec les collectivités territoriales d’Ile-de-France (aujourd’hui président de l’AIGP), d’engager un rapprochement avec les communes limitrophes de Paris. Suite à la création en 2006 d’un premier lieu d’échange et de concertation des élus, la Conférence Métropolitaine de l’Agglomération Parisienne, ce processus aboutira en 2009 à la création du syndicat mixte d’études, Paris Métropole, regroupant la plupart des collectivités de l’agglomération et ayant comme objectif la mise en place d’un système de gouvernance au niveau métropolitain.

2005

Le Conseil régional engage la révision du SDRIF (Schéma Directeur de la Région Île-de-France), document de planification régissant l’aménagement global de la région, sous la direction de Mireille Ferri (aujourd’hui directrice générale de l’AIGP). Il s’agit de la première fois que les enjeux du dérèglement climatique sont intégrés dans le SDRIF. Suite à la promulgation de la loi du Grand Paris en juin 2010, une nouvelle révision du SDRIF est entamée sous la direction d’Alain Amédro, le rendant compatible avec le nouveau réseau de transports inscrit dans la loi. Le SDRIF est validé par le Conseil d’État en décembre 2013.

2007

Le Président de la république, Nicolas Sarkozy, charge le Ministère de la culture d’organiser une consultation internationale sur l’avenir de la métropole. Dix équipes d’experts menées par des architectes travaillent d’une part sur la métropole du XXIe siècle de l’après-Kyoto et d’autre part sur un diagnostic prospectif de l’agglomération parisienne. L’exposition, « Le Grand Pari(s) », présentant le résultat de ces travaux, est inaugurée à la Cité de l’architecture et du patrimoine au Palais Chaillot en avril 2009. L’Atelier International du Grand Paris (AIGP) est crée en 2010, avec les dix équipes formant son premier conseil scientifique.

2009

Lors de l’inauguration de l’exposition, Nicolas Sarkozy présente le projet pour un métro de 130 km en rocade autour de Paris. Surnommé le « Grand huit », le projet est dirigé par Christian Blanc, secrétaire d’Etat en charge du Grand Paris. En 2010 la loi crée la Société du Grand Paris (SGP), chargée de la réalisation du nouveau réseau, désormais nommé le Grand Paris Express. Il consistera en quatre nouvelles lignes circulant de banlieue en banlieue autour de Paris, avec 68 gares, sans passer par le centre. La majeure partie du travail devra être réalisée pour 2030. La mise à niveaux et l’extension des lignes existantes seront réalisées en concertation avec la RATP et le STIF.

2014

Le vote de la Loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM) en janvier 2014 prévoit la création au 1er janvier 2016 de la Métropole du Grand Paris, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI). C’est désormais la Mission de Préfiguration de la Métropole du Grand Paris, un groupement d’intérêt public réunissant l’État et Paris Métropole et dirigé par le préfet François Lucas, qui travaille sur la mise en place du nouvel établissement public.

2015

Dans le cadre de la mise en place de la Métropole du Grand Paris, la loi prévoit la réalisation d’un diagnostic urbain. Est également engagée une réflexion sur le futur projet métropolitain. L’APUR (Atelier Parisien d’Urbanisme) et l’IAU île-de-France y travaillent ; le Conseil scientifique de l’AIGP y contribue, notamment à l’aune de la conférence climat COP 21 qui se tient à Paris en décembre 2015. La carte « Mon Grandparis » se situe au sein de ce dispositif en se mettant à la disposition des habitants de cette grande métropole.

2016

La Métropole du Grand Paris (MGP) est formellement créée le 1er janvier. Elle regroupe Paris et les communes de la Petite couronne – les départements 92, 93, 94, ainsi que certaines communes limitrophes des autres départements, 130 en tout. La Grande couronne n’en fait pas partie. La MGP est composé de 12 territoires (dont Paris), pour une population totale de 7 millions d’habitants. Elle est organisée avec un système de coopérations intercommunales et un partage des compétences entre la MGP et les territoires. Le premier président de la MGP est Patrick Ollier, maire de Rueil-Malmaison.