Pourquoi une carte des lieux du Grand Paris ?

La Métropole du Grand Paris est un projet de longue haleine et d’une très grande complexité. De nombreux acteurs, politiques, institutionnels, professionnels, économiques, associatifs, etc. sont impliqués. Étant donné que le projet vise une métropole au service de ses habitants, eux aussi ont leur mot à dire. À cet égard, la carte « Mon Grandparis » se veut mobilisatrice à travers une série d’objectifs :

1. Inventorier et valoriser…

La carte constituera un inventaire des lieux de la métropole, servant à faire savoir et à faire valoir l’expertise locale des habitants, fondée sur le vécu réel de leurs lieux de vie. Corpus de connaissances partagées, la carte concourra à la reconnaissance des habitants et de leurs territoires.

La carte servira notamment à adresser la question de la requalification des parties délaissées de la ville tout en œuvrant pour le décloisonnement des territoires, de faire en sorte que où chaque personne habite compte au sein du Grand Paris.

2. Local et global…

La carte comporte une vision de la métropole articulée aux différentes échelles, allant du très local – les lieux où chacun vit dans l’intimité de son expérience sensible – jusqu’au global – où l’idée du Grand Paris, dans son ensemble territorial, se forge une réalité cohérente. La carte présentera une vision intégrante d’une agglomération jusqu’ici perçue de manière fragmentée.

En renseignant les lieux bâtis et naturels dans leur grande diversité, en faisant la part entre les hauts lieux et les lieux du quotidien, en racontant les récits et les imaginaires qui les fondent, la carte révélera le sens dont chaque lieu est porteur. Chaque lieu repéré sur la carte sera ainsi connu pour ce qui le rend unique, tout en étant solidairement ancré au sein de la métropole.

3. Faire identité, faire appartenir…

Fabriquée collectivement par ses propres habitants, la carte fécondera une représentation mentale partagée du Grand Paris, prémices de l’appropriation de la place et du rôle auquel chacun à droit. Elle permettra de procurer un sentiment collectif d’appartenance, capable de contrebalancer des disparités réelles entre différentes parties de la métropole, afin de consolider la nouvelle réalité représentée par le projet du Grand Paris.

La carte s’érige alors en « métaphore-active » d’une identité inédite et singulière, grande parisienne, qui serait bien plus qu’un simple agrégat de multiples identités locales. Cette identité sera tout à la fois commune et hybride, fondée sur le caractère à la fois composite et contrasté des territoires. Au sein d’un tout, la carte exprimera l’expression de l’existence propre de chaque lieu.

4. L’existant et le projeté

Le corpus dynamique de connaissances sur l’existant engrangé dans la carte servira à approfondir le diagnostic de l’existant, ainsi que le travail sur le projet métropolitain en cours ou à venir. Ces connaissances seront un atout précieux, renseignant sur la réalité vécue des lieux et sur le ressenti et les attentes des habitants à leur égard.

Pour les décideurs politiques, la carte proposera un espace virtuel de figuration et de projection, qui permettra d’exposer et de faire débattre des lieux de projet aux différentes échelles de la métropole, allant des plus petites propositions de projets citoyens à la reconfiguration territoriale enclenchée par les gares du Grand Paris Express.

5. Favoriser la démocratie participative

Participer aux processus qui engageant le devenir de leur territoire est une demande généralisée des citoyens en démocratie. En tant qu’espace de dialogue participatif sur internet, la carte sera disponible en permanence – au contraire d’un débat circonscrit dans le temps, parfois source de frustrations. Les habitants pourront y agir de manière décentrée et asynchrone, et ceux qui ont du mal à prendre la parole en public y trouveront un autre moyen d’expression.

La carte constituera ainsi un espace novateur de pratique démocratique engageant tous – acteurs institutionnels et professionnels tout autant qu’habitants. Cette mise en conversation de chaque lieu par l’entremise de la carte constituera une matière féconde permettant d’approfondir la réflexion et d’éclairer la prise de décision des élus et des professionnels.

6. Un service public

À terme, cette carte synthétique et qualitative est à envisager comme un service public, permettant à chacun d’appréhender et de mieux accéder aux contenus métropolitains. Chaque lieu sera qualifié par les ressources particulières locales qu’il contient, incitant à leur pérennisation et leur valorisation.

Enfin, face aux enjeux environnementaux et du dérèglement climatique, la carte permettra une relecture du territoire et de ses ressources, afin de pouvoir raisonner l’évolution nécessaire de la métropole vers des modes d’habiter soutenables.